Les fumées de soudage sont l’un des enjeux les plus fréquents — et les plus surveillés — lors d’une inspection de la CNESST. Métaux lourds, particules ultrafines, gaz toxiques : sans mesures adéquates, les risques pour la santé des travailleurs sont importants et les non-conformités peuvent rapidement mener à des avis de correction, des délais imposés ou même des arrêts de travail.
Dans cet article, nous expliquons comment se déroule typiquement une inspection liée aux fumées de soudage et quelles étapes permettent de se conformer efficacement, tout en optimisant les coûts et l’efficacité des installations.
Étape 1 : La visite initiale de la CNESST
Lors de la première visite, l’inspecteur évalue notamment si les fumées de soudage sont captées à la source. Si aucune solution de captation locale n’est en place, cette lacune sera généralement notée dans le rapport d’inspection.
Il est possible que, si des ÉPI sont utilisés (PAPR), la situation soit jugée acceptable. Mais dans la majorité des cas il sera nécessaire de respecter la réglementation qui demande l’extraction à la source.
L’inspecteur pourrait aussi vérifier si le bon nombre de changements d’air à l’heure est effectué dans l’usine.
Dans la majorité des cas, l’inspecteur accorde un délai raisonnable pour corriger la situation. Ce délai peut varier de quelques semaines à plusieurs mois, selon :
- Le niveau de danger dans l’usine,
- Le nombre de soudeurs,
- Les procédés utilisés,
- La complexité du système à mettre en place.
Il arrive aussi que la CNESST demande des actions immédiates, par exemple :
- Démontrer que des démarches sont en cours,
- Obtenir une ou plusieurs soumissions pour un système d’extraction,
- Justifier un plan de correction structuré.
Étape 2 : Comprendre les lois et règlements applicables
Pour corriger efficacement une non-conformité, il est essentiel de bien comprendre le cadre réglementaire québécois.
Nous détaillons l’ensemble de ces exigences dans l’article suivant : https://www.henlex.com/fr/quebec-reglementation-sur-les-fumees-de-soudage/
Voici toutefois les extraits les plus pertinents du Règlement sur la santé et la sécurité du travail (RSST).
Article 107 – Ventilation locale
Toute source ponctuelle d’émission de gaz, de fumées, de vapeurs, de poussières ou de brouillards à un poste de travail fixe doit être pourvue d’un système de ventilation locale par extraction destiné à capter à la source même ces gaz, ces fumées, ces vapeurs, ces poussières et ces brouillards.
Article 40 – Qualité de l’air
Aucun travailleur ne doit être exposé à une concentration d’oxygène inférieure à 19,5% en volume dans l’air à la pression atmosphérique normale; à des gaz, des fumées, des vapeurs, des poussières ou des brouillards, au-delà des limites prévues à l’annexe I.
Annexe I – Limites d’excursion
Les limites d’excursion s’appliquent pour les substances n’ayant pas de valeur d’exposition de courte durée. À condition que la valeur d’exposition moyenne pondérée soit respectée, des excursions peuvent excéder 3 fois cette valeur pour une période cumulée ne dépassant pas 30 minutes par jour. Toutefois, aucune de ces excursions ne peut dépasser 5 fois la valeur d’exposition moyenne pondérée pour quelque durée que ce soit.
Annexe III – Ventilation générale minimale
Le règlement exige une capacité de ventilation correspondant à 4 changements d’air frais à l’heure, notamment pour :
- Les garages d’entretien,
- La fabrication de produits métalliques.
Valeurs d’exposition applicables au Québec
Voici quelques limites d’exposition fréquemment rencontrées en soudage :
- Fumées de soudage : 5 mg/m³ – VEMP
- Chrome hexavalent (rp) : 1 µg/m³ – VEMP
- Oxyde de zinc :
- 2 mg/m³ (r) – VEMP
- 10 mg/m³ (r) – VECD
- Oxyde d’aluminium : 5 mg/m³ (r) – VEMP
- Ozone (rp) : 0,2 mg/m³ – plafond
- Manganèse :
- 0,05 mg/m³ (r) – VEMP
- 0,2 mg/m³ (i) – VEMP
Définitions importantes
- r : respirable (< 4 µm)
- i : inhalable (< 100 µm)
- VEMP : moyenne pondérée sur 8 heures
- VECD : exposition de courte durée (15 minutes)
- P : plafond (ne doit jamais être dépassé)
- rp : recirculation prohibée
Étape 3 : L’échantillonnage (parfois)
Dans certains cas, la CNESST ou le CIUSSS local peut demander un échantillonnage de l’air, ou l’entreprise peut choisir de le faire de façon proactive.
L’échantillonnage permet de :
- Identifier la composition exacte des fumées,
- Mesurer la concentration des polluants dans la zone respiratoire du soudeur,
- Évaluer l’exposition globale dans l’environnement de travail.
Ce processus prend généralement plusieurs semaines, puisqu’il faut planifier la prise d’échantillons et les analyser en laboratoire.
Étape 4 : Mettre en place l’extraction à la source
La captation à la source est la mesure la plus efficace pour contrôler les fumées de soudage et satisfaire aux exigences réglementaires.
Il existe plusieurs technologies, détaillées dans cet article : https://www.henlex.com/fr/quest-ce-quun-extracteur-de-fumees-de-soudage/
De manière générale :
- Pour le MIG (GMAW) et le flux cored (FCAW), les pistolets MIG extracteurs sont privilégiés,
- Pour le TIG et le soudage à la baguette, on utilise plutôt des bras d’aspiration ou des buses flexibles.
Une unité d’aspiration est nécessaire pour fournir le débit requis. Selon les besoins, il est possible d’opter pour :
- Des unités mobiles,
- Ou un système centralisé.
Un comparatif détaillé est disponible ici : https://www.henlex.com/fr/unites-dextraction-de-fumees-mobiles-vs-stationnaires-avantages-et-inconvenients/
Dans tous les cas, des essais en conditions réelles sont fortement recommandés. Henlex se déplace gratuitement partout au Québec pour effectuer ces tests.
Il est aussi fréquent de réaliser un nouvel échantillonnage durant la phase d’essai afin de valider l’efficacité du système. Il est toutefois crucial qu’aucun soudeur sans extraction ne travaille à proximité durant ces tests, sans quoi les résultats seraient faussés.
Étape 5 : Optimiser la ventilation générale
Cette étape est souvent mal comprise, mais elle représente un levier majeur d’économie d’énergie.
La réglementation exige que le système de ventilation soit capable de fournir 4 changements d’air à l’heure. Cependant, lorsque l’extraction à la source est efficace, il est généralement possible d’opérer avec un seul changement d’air à l’heure, tout en respectant les limites d’exposition.
Le système doit donc être dimensionné pour 4 changements, mais n’a pas besoin de fonctionner à pleine capacité.
Résultat :
- Des milliers de CFM de ventilation en moins,
- Des économies majeures en chauffage,
- Des coûts énergétiques pouvant souvent être réduits par un facteur de 4.
Étape 6 : Inspection de suivi (optionnelle)
Une fois les correctifs mis en place, la CNESST peut effectuer une inspection de vérification. Dans certains cas, des preuves à distance suffisent :
- Photos ou vidéos,
- Factures et bons d’achat,
- Rapports d’échantillonnage mis à jour.
De manière générale, lorsqu’une entreprise démontre une collaboration proactive et un réel engagement à corriger la situation dans des délais raisonnables, l’inspecteur adoptera une approche plus conciliante.
Conclusion
Passer une inspection de la CNESST liée aux fumées de soudage repose avant tout sur une chose : la captation à la source. En comprenant les exigences réglementaires et en mettant en place des solutions adaptées aux procédés réels de l’usine, il est possible non seulement d’être conforme, mais aussi d’améliorer la santé des travailleurs et de réduire significativement les coûts d’exploitation.
Si vous êtes en processus d’inspection ou souhaitez évaluer votre situation de façon proactive, n’hésitez pas à contacter Henlex pour des essais et conseils personnalisés.
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